Fêtes traditionnelles

FETES TRADITIONNELLES ET JEUX AUX JOURS DE FETES

Têt Nguyen Dan-nouvel an lunaire( Fête du  Têt )
Culte: Ancêtres, grands parents.
Date: du 30e jour du 12e mois du calendrier lunaire de l’année qui s’achève au 3e jour du  1er mois de l'année.
Lieu: Tout le Viet Nam.
Public: la nation entière.
Caractéristiques:
- Tout le monde porte les plus beaux vêtements ou/ et la tenue de cérémonie traditionnelle.
- On rend le culte des ancêtres et au génie du Foyer, Tao Quan.
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On rend visite à sa famille et ses amis, leur apporter ses voeux pour le nouvel an . C’est une occasion pour toute la famille de se réunir et de rendre hommage aux ancetres communs , source de l’origine de toute famille. Ainsi le Têt Nguyen Dan ( Nouvel An lunaire)  represente-t-il la plus grande, la plus sacrée et la plus attrayante de toutes les fêtes .

Le Têt aussi marque la fin d’un cycle de la nature. C’est la fin de l’hiver et le début du printemps ,  saison du renouveau universel, animal et végétal.

En ce qui concerne le rituel, on distingue différentes cérémonies en cette  occasion. Le sacrifice aux divinités du Foyer a lieu le 23e jour du 12e mois lunaire. Le culte de fin d’année se déroule toujours le dernier soir du 12e mois lunaire au dîner, alors que le passage à l’An Neuf a lieu à minuit. L’adieu aux âmes des morts se fait le 3e jour du 1er mois lunaire de l’année nouvelle qui correspond à la fin des congés officiels.
Parmi les coutumes attachées à la fête du Têt, il y a,  outre  le culte des ancêtres, le rite de la  premiere personne à franchir le seuil de la maison, les vœux de bonne année, de longévité pour les personnes âgées, la distribution des étrennes aux enfants etc…...

 

Tet Doan Ngo
Date: Le 5e jour du 5e mois lunaire.
Lieu: Dans chaque famille Kinh (population majoritaire au Vietnam).
Caractéristiques: Fête se situant au milieu de l’année et don’t le but est de prévenir les épidémies et les influences néfastes des esprits malfaisants. Au jour du Doan Ngo on boit de l’alcool de riz gluant et mange des fruits tot le matin,  suivent à midi les rites du culte. 
 

Tet Trung Nguyen
Date: Le 15e jour du 7e mois lunaire.
Lieu: Dans les pagodes du pays et dans les familles.
Culte: Bouddha.
Caractéristiques: Cérémonies de remise des péchés

Dans toutes les pagodes, cette grande fête est organisée très solennellement : cérémonie bouddhique Vu Lan (ou cérémonie de remise des péchés) : lecture des prières pour le salut de l’âme, pour l’absolution des âmes de ceux qui ont péri de malemort, offrandes aux âmes errantes. À ce jour-là, avec la permission du Roi des Enfers, les âmes des morts reviennent au monde des vivants pour goûter aux plaisirs terrestres. Chaque famille prépare un repas cultuel pour les ancêtres, brûle pour ses morts des objets votifs.


Fête de la mi-automne (Tet Trung Thu)
Date: Le 15e jour du 8e mois lunaire.
Lieu: Dans toutes les familles.
Culte: La lune.
Caractéristiques: Festin des gâteaux cuits au four diversement farcis, des gâteaux de riz gluant farcis, procession de lanternes ayant la forme de lune ou d’étoile, danse de la licorne.


Le concours de cuisson de riz dans la fête de Tu Trong
(district de Hoàng Hóa, province de Thanh Hóa)

Chaque concurrent s’installe dans un thuyên thung (barque en forme de panier) sur une mare battue par le vent. Il dispose de paille humide, de déchets de canne à sucre, d’un trépied et autres ustensiles nécessaires. Au signal du tambour, les concurrents mènent les thuyên thúng au milieu de la mare. Ils dérivent au gré du vent et et celui qui aura reussi une marmite de riz bien cuit à la fin du concours est le gagnant. 

Le concours de cuisson de riz dans la fête de Hành Thiên
(province de Nam Ðinh)

Le concours est réservé aux hommes, en équipes de deux placés l’un à côté de l’autre. L’un tient un bambou, plus grand que lui, au bout du quel est accrochée une marmite en terre cuite qui contient le riz et l’eau. L’autre prépare le feu et fait cuire le riz. Au signal, le cuisinier doit allumer le feu à l’aide de deux morceaux de bambou frottés l’un sur l’autre, et chauffer sous la marmite, tout en marchant avec son camarade autour de la cour du temple. La combustion d’une baguette d’encens marque la fin du concours. L’équipe gagnante est celle dont le riz est le mieux cuit.


Le concours de cuisson de riz dans la fête de Thi Câm
(district de Tu Liêm, Hanoi)

Le concours de cuisson de riz évoque l’histoire de Phan Tay Nhac, le général du XVIIIe roi Hùng qui apprit bien des choses à ses soldats, et en particulier comment cuire le riz dans des conditions difficiles.
La règle du jeu veut qu’on ne dispose que de paddy et de bois, mais ni d’eau ni de feu. Le concours comprend trois phases distinctes: les concurrents doivent d’abord décortiquer le paddy et piler le riz, puis faire du feu et aller chercher de l’eau pour la cuisson, et enfin cuire le riz. Chaque équipe se compose de dix participants masculins et féminins, qui doivent accomplir ces tâches.
La première phase consiste donc à décortiquer le paddy. Un coup de tambour donne le signal et les équipes se mettent à piler et à vanner le riz. Le vainqueur est celui qui le premier obtient le riz blanc.
La deuxième phase, faire du feu et chercher de l’eau, consiste à allumer un feu à l’aide de deux morceaux de bambou frottés l’un contre l’autre (c’est la partie la plus difficile du concours) et allumer un brandon. Les chercheurs d’eau doivent courir un trajet de près de 1000m jusqu’à un endroit où l’on a préparé quatre vases en cuivre emplis d’eau. L’équipe gagnante est celle qui, la première, apporte feu et eau au point de départ.
La troisième phase est le concours proprement dit de cuisson de riz. L’équipe gagnante est celle qui apporte la première le riz bien cuit. Ce riz est offert en sacrifice au génie tutélaire du village.

Concours de cuisson de riz dans la fête du village Chuông
(province de Hà Tây)
Concours des femmes: les concurrentes pratiquent ce jeu dans un cercle de 1,5m de diamètre. La règle veut qu’elles cuisent le riz tout en gardant un enfant de sept à huit mois qui n’est pas le leur et en empêchant un crapaud de sortir du cercle. Il faut faire prendre le feu avec un brandon puis le nourrir de bois, surveiller la cuisson, s’occuper de l’enfant tout en ayant un oeil sur le crapaud. Le temps de cuisson est limité à la durée de combustion d’une baguette d’encens. La gagnante est celle qui cuit le meilleur riz.
Concours des hommes: la cuisine est disposée au bord d’un étang où l’on a préparé un foyer par concurrent. Au signal du tambour ils montent dans une barque de bambou tressé, la mènent en ramant à la main jusque sur l’autre rive, l’amarrent et font depuis l’intérieur de la barque tous les préparatifs nécessaires. Il faut allumer le feu avec ses mains mouillées, faire cuire le riz et garder la barque en place. Le vainqueur est celui qui aura terminé le premier.


Le jeu de cerf-volant

Pour certaines minorités ethniques, le cerf-volant est le symbole des oiseaux carnivores et son nom est celui d’un oiseau: c’est ainsi que les Cham l’appellent le kalan, les M’nông, le khang et les Êdê, le rlang.
Les oiseaux et les cerfs-volants volent dans le ciel et s’opposent amaux qui vivent dans l’eau. Le cerf-volant évolue dans l’air sec, par opposition aux lieux humides. On le considère comme un messager qui apporte la sécheresse. Le jeu de cerf-volant se pratique souvent après la saison des pluies, exprimant le désir de voir revenir le beau temps après la pluie et le bon vent. Pour les cultivateurs, cette période sèche est indispensable à la récolte et au séchage.


Le ném còn (jeu du lancer des balles d’étoffe)
Selon la légende, le ném còn est un jeu qui date de l’époque des rois Hùng (rois fondateurs du Vietnam) et qu’on pratique encore aujourd’hui.
Pour les Vietnamiens d’autrefois, ce jeu était destiné aux filles et aux femmes de familles nobles ou riches. De nos jours, pour les minorités ethniques Muong, Tày, H’Mông et Thái, le ném còn est un des jeux qui font le succès de la fête.
La balle, le còn, ronde et grosse comme le poing d’un enfant, est faite de morceaux d’étoffe de différentes couleurs. On bourre l’intérieur de riz ou de graines de coton (le riz nourrit l’homme et le coton l’habille). Tout autour, des franges multicolores servent à guider le vol. Le terrain de jeu est grand et planté en son milieu d’un haut bambou. Au sommet duquel on accroche un cerceau sur lequel on a collé un papier, rouge d’un côté, symbole du soleil, et jaune de l’autre, symbole de la lune. Les deux faces symbolisent l’hymen, la virginité de la jeune fille. Les joueurs se tiennent debout de part et d’autre du bambou. Les gagnants sont ceux qui parviennent à lancer la balle à travers le cerceau.

Au début du jeu, le sorcier présente deux balles et récite des prières en plein air, demandant des récoltes abondantes, une vie paisible et heureuse pour les villageois. La cérémonie rituelle terminée, le sorcier lance ces deux balles pour ouvrir le jeu. Le public imite le sorcier et l’on voit dans le ciel comme un vol d’hirondelles, une nuée de balles.
Avant de clore la fête, le sorcier déchire la balle sacrée et disperse au vent les graines de riz et de coton pour porter chance à tous les participants. Les Tày pensent que cette semence rendra la récolte abondante car elle a été imprégnée de la chaleur des mains des jeunes filles et des jeunes gens (yin et yang).

L’enthousiasme des joueurs et les acclamations du public font l’attrait et l’animation qui caractérisent ce jeu. Ainsi, le ném còn attire l’attention non seulement des jeunes mais aussi des personnes âgées. Le sens du jeu, selon les croyances populaires, est une prière pour que s’unissent le yin et le yang afin d’assurer une récolte abondante.


Le concours de lâcher de pigeons
D’influence bouddhiques associées au rite de libération des oiseaux,le lâcher de pigeons est a’ la fois une activité de plein air, et divertissement noble des régions du delta du Nor.
Le concours est organisé le plus souvent à la fin du printemps ou parfois en automne. Il peut se tenir dans la cour du temple ou sur un vaste terrain spacieux d’où l’on peut observer le vol des pigeons. La cérémonie d’ouverture est un rituel de présentation aux divinités suivi de roulements de tambour pour annoncer le début du concours. Au signal, les propriétaires commencent à lâcher leurs pigeons selon un ordre préétabli. Les roulements de tambour se font plus intenses. Le concours se déroule dans une atmosphère de grande excitation. Chaque volée doit voler successivement sur trois niveaux, bas, moyen et haut. On attend que la première volée ait terminé son vol bas pour lâcher la deuxième. On continue ainsi jusqu’à la fin de la fête.

Les trois niveaux d’altitude sont rigoureusement définis. Le niveau bas est celui où l’on distingue encore nettement la tête et la queue des pigeons. Le niveau moyen est celui où l’on distingue les ailes. Le niveau haut est celui où la volée tout entière ne parait pas plus grosse qu’un gobelet. Le jury observe le vol des pigeons reflété dans une cuvette au milieu de la cour. Il est divisé en deux groupes. Le trich ngoai observe les pigeons de l’endroit du lâcher et juge du vol bas. Le trich nôi observe les pigeons depuis un lieu à l’écart et juge des vols moyen et haut. Le trich ngoai communique avec le trich noi grâce au tambour. Pour participer à la finale du concours
Le concours est organisé le plus souvent à la fin du printemps ou parfois en automne. Il peut se tenir dans la cour du temple ou sur un vaste terrain spacieux d’où l’on peut observer le vol des pigeons. La cérémonie d’ouverture est un rituel de présentation aux divinités suivi de roulements de tambour pour annoncer le début du concours. Au signal, les propriétaires commencent à lâcher leurs pigeons selon un ordre préétabli. Les roulements de tambour se font plus intenses. Le concours se déroule dans une atmosphère de grande excitation. Chaque volée doit voler successivement sur trois niveaux, bas, moyen et haut. On attend que la première volée ait terminé son vol bas pour lâcher la deuxième. On continue ainsi jusqu’à la fin de la fête.

les volées doivent franchir avec succès les bas et moyen niveaux.
Pour obtenir le grand prix la volée doit faire un sans-faute. L’essentiel est que les pigeons volent ensemble et régulièrement espacés les uns des autres, même lorsqu’ils sont au niveau haut. Plusieurs villages de Tiên Son, Gia Luong (province de Bac Ninh), de Ðông Anh (Hanoï) sont depuis longtemps fidèles à la tradition du lâcher de pigeons et le pratiquent encore aujourd’hui.

Les échecs avec des pions humains
Le jeu d’échecs traditionnel, avec de vrais jeunes gens servant de pions, est assez répandu dans les villages du Nord. On le pratique à l’occasion de la fête du Têt ou des fêtes de village.
Le jury choisit trente-deux jeunes garçons et jeunes filles célibataires, âgés de quinze à vingt ans, en nombres égaux, pour jouer le rôle des pions. Le général et la générale doivent être choisis avec un soin particulier. Ils doivent être à la fois beaux et vertueux et ne pas avoir connu de deuil au cours de l’année écoulée. Ce jeu est souvent organisé dans la cour du temple ou sur un terrain vaste. Un jury, présidé par le tông co, directeur du jeu qui doit être expert à ce jeu, siège en un lieu soigneusement choisi. Chaque pion est vêtu son rôle.
Pour commencer, deux joueurs se présentent devant le jury pour tirer au sort qui le camp. Ensuite on fait venir les pions humains, vêtus de beaux costumes dont les couleurs permettent de distinguer les deux camps. Le général et la générale de chaque camp, après avoir accompagné leurs pions à leurs places, rejoignent leur position.
Et la générale ont le droit de s’asseoir sur leurs trônes, protégés d’un parasol, les autres pions se tiennent debout, leur identité inscrite sur la chemise, sur le devant ou dans le dos. Ailleurs, chaque pion est assis et tient à la main une fiche indiquant son nom. Chaque camp est aidé d’un assistant qui se charge de déplacer le siège au moment voulu. Un petit garçon va et vient derrière les joueurs en battant le tambour. Il n’est pas facile de se concentrer quand on risque un échec et de jouer avec en plus les roulements de tambour. Le directeur du jeu doit suivre les déplacements de chaque pion et les reproduire sur son propre échiquier en miniature. Parfois, un bouffon anime la fête. Quand la partie est terminée, le jury distribue les prix aux vainqueurs ainsi que des récompenses aux pions gagnées et perdues. Ceux qui jouent le rôle du général et de la générale offrent souvent en guise de  remerciements, une collation, qui se compose parfois seulement du thé, du bétel et des noix d'arec.

Le jeu du combat de coqs
Le combat de coqs est un jeu populaire qui attire surtout les hommes. Il est à la fois un divertissement et un affrontement. Ce jeu est très répandu depuis longtemps au Vietnam. Il est souvent au programme des fêtes locales.
Il se joue sur un terrain plat de dimensions restreintes. Au signal du tambour, les deux patrons vont chercher leurs coqs et les mettent face à face à environ deux mètres de distance. Au signal, les coqs sont lâchés. Ils tendent le cou, écarquillent les yeux pour s’observer, parfois ils hésitent une minute, puis ils s’approchent fièrement l’un de l’autre. Au son du tambour et des acclamations du public, ils se mettent à s’attaquer avec acharnement. S’il s’agit d’un match amical ou d'entraînement, il se joue en cinq reprises, chacune de quinze à vingt minutes, mais s’il s’agit d’une compétition, elle se joue en sept reprises.

Le montant du prix que reçoit le gagnant est faible, mais l’admiration et l’enthousiasme de centaines de spectateurs sont la fierté des patrons.
 
Le jeu de balançoire
La balançoire est depuis longtemps un jeu populaire des fêtes de village.
Il existe des balançoires de plusieurs sortes et des manières de jouer différentes. Mais en général le ballant atteint une dizaine de mètres, jusqu’au moment où les corps des joueurs sont horizontaux, contrairement aux régions montagneuses du Nord où la balançoire fait un tour complet.
La balançoire peut être jouée par une seule personne, mais elle l’est plus souvent par deux, une jeune fille et un jeune homme, ce qui contribue au succès du jeu. Ils posent leurs pieds sur la barre, se faisant face, leurs mains tenant les cordes, et commencent à se balancer en rythme pour que les oscillations s’amplifient et que la balançoire aille de plus en plus haut. Son mouvement pendulaire est un symbole du rythme périodique de la nature. La balançoire monte d’autant plus haut que les joueurs font des mouvements bien réguliers.
Quand la balançoire atteint la position horizontale, le public admire les deux jeunes gens qui semblent couchés l’un sur l’autre. Les acclamations, accompagnées des roulements de tambour, montent vers le ciel. Quand le ballant atteint son maximum, le jeune homme ajuste le rythme pour pouvoir arracher le ruban que le jury du village a suspendu au sommet d’un mât. Des centaines de cœurs battent à l’unisson avec ceux des joueurs et craignent pour leur équilibre. Quand l’étoffe de soie rose est dans la main du jeune homme, un déluge d’applaudissements déferle sur le public. Le tambour ralentit tandis que diminue le ballant et que les jeunes gens redescendent progressivement. On lit dans le regard que la fille a pour le garçon une immense passion.
On dira que ce printemps aura fait se rapprocher ces deux jeunes gens et que la saison des noix d’arec cette année verra peut être un mariage au village.
Le concours continue avec d’autres couples. Le vol des ceintures bleues et pourpres appelle la population à la fête.


Le lancer de balle cuop câu (jeu de dispute de la balle)
Le lancer de balle est un jeu rituel ou traditionnel qui doit obligatoirement figurer au programme de plusieurs fêtes. La forme et le nom du jeu varient d’une localité à l’autre.
C’est l’expression d’une croyance populaire des cultivateurs, une invocation pour que la récolte soit bonne.
La balle est en bois et ronde. C’est parfois un pamplemousse ou une noix d’arec (pour les localités qui pratiquent le jeu sur l’eau). La taille, grande ou petite, dépend de chaque localité. Avant le jeu il faut effectuer la cérémonie de présentation de la balle aux divinités.
Les préliminaires religieux terminés, la balle est lancée dans la cour du temple. Les deux camps, constitués d’hommes jeunes, corps nus, cache-sexe de différentes couleurs, s’affrontent. Hors du temple le son du tambour et les acclamations des habitants animent la fête. Plusieurs joueurs chutent à terre tandis que d’autres se sont déjà remis sur pieds pour attraper la balle et la lancer aux autres joueurs. C’est un jeu très animé.

Il s’agit de se saisir de la balle et un camp doit la lancer dans un trou creusé à l’est, l’autre dans un trou creusé à l’ouest. Le vainqueur est celui qui parvient à se saisir de nombreuses balles et à les lancer dans le trou du camp adverse. Dans certaines localités, le balle est lancée dans un trou au milieu de la cour du temple ou dans des paniers sans fond suspendus à un arbre. Le camp qui met le premier la balle dans le trou du camp adverse est proclamé vainqueur. Dans certaines localités la règle est différente: c’est le camp qui lance le premier la balle dans son propre trou qui est déclaré vainqueur.


Le kéo chu (composition des idéogrammes à l’aide des mouvements d’ensemble)
Cette réjouissance rituelle vient de Hoa Lu et de Tam Ðiêp, province de Ninh Bình. Le groupe comprend souvent trente-deux garçons de moins de quinze ans, vêtus d’un pantalon bleu, d’une veste blanche bordée de rouge et de jambières.
Chacun tient un bâton long de 1,2m, enroulé de papier de couleur et orné d’une touffe de plumes à l’un de ses bouts. Ils se mettent en deux rangs, chaque rang étant précédé d’un chef de drapeau de devant (tông co tiên) et suivi d’un chef de drapeau de derrière (tông co hâu). Ces chefs de drapeau doivent avoir un visage superbe, ils sont vêtus d’un pantalon blanc, d’une tunique de soie, d’un turban de velours, d’une ceinture nouée en trois lobes et tiennent à la main un fanion carré, le co thân vuong.

Pour commencer, au rythme du tambour du meneur de jeu, le tiêu canh, et guidés par les chefs de drapeau, ils se déploient de telle sorte à former divers idéogrammes. Les chefs de drapeau dirigent leur groupe en chantant et en dansant pour animer la fête. A la suite des chefs de drapeau, le groupe court en spirale en méandres compliqués afin de former des idéogrammes, soit chinois, soit démotiques sino-vietnamiens, qui signifient “paix”, “bonheur”, “jeunesse”, “prospérité”.

La course de sampans
La course de sampans existe au Vietnam depuis longtemps. Dans plusieurs localités, elle a son origine dans une coutume paysanne liée à l’invocation de la pluie et, qui s’adresse aux génies des eaux.
A Ðào Xá, province de Phú Tho, deux sampans sont en course, le mâle à la proue en forme d’oiseau, la femelle à la proue en forme de poisson. Les deux symboles symétriques s’unissent dans le yin-yang: l’oiseau est dans l’air - yang, le poisson dans l’eau - yin, le sec et l’humide, le sampan et l’onde. Le sampan au fil de l’eau et les rames qu’on agite ont pour but de réveiller le génie des eaux. Cette course n’a lieu que dans la nuit et se termine très tôt le lendemain matin. Pour les habitants du littoral la course prend le sens d’une invocation pour que la pêche soit bonne. Ailleurs la course est dédiée à la mémoire de héros de batailles navales.
Aujourd’hui, la course de sampans est un jeu important au programme de plusieurs fêtes dans l’ensemble du pays, particulièrement dans les localités littorales ou riveraines. La course est non seulement une manifestation des croyances de jadis mais aussi un événement sportif majeur qui attire un public nombreux. En tant que compétition, elle exalte l’esprit d’équipe.